Jean Patry – Volley-ball

« Nous n’avions rien à perdre, donc tout à gagner. »

Palmarès : 

  • Equipe de France :
    2018 : Ligue des Nations : Médaille d’argent
    2018 : Mémorial Hubert Wagner : Médaille de bronze
    2017 : Ligue Mondiale : Médaille d’or
    2017 : Mémorial Hubert Wagner : Médaille d’argent
    2014 : Championnat d’Europe U21 : Médaille de bronze

  • Clubs :
    2021 : Vainqueur de la Challenge Cup

  • Distinctions individuelles
    2021 : Challenge Cup – MVP
    2020 : TQO Européen – MVP et Meilleur pointu
    2018 : Mémorial Hubert Wagner – Meilleur attaquant

 

 

Témoignage :

Romain Thomas : « Salut Jean, pour commencer, selon toi, quelles sont les habiletés mentales déterminantes dans le volley-ball ? »

Jean Patry : « Au volley il y a beaucoup de moments de pause, de l’attente entre les points. Il faut donc être fort mentalement pour toujours penser au point d’après et vite effacer ce qu’il vient de se passer.
Je dirais qu’il faut savoir accepter les erreurs et tout de suite se remobiliser, ce n’est pas facile à faire mais c’est un point clé dans ce sport. »

RT : « Nous avons travaillé ensemble sur certains aspects et notamment sur un point très caractéristique, le service. En quoi ce geste est-il si complexe ? »

JP : « Le service est un geste complexe car c’est la seule action individuelle au volley. Cela ne dépend que de toi, il faut savoir analyser et prendre en compte la situation dans laquelle se trouve ton équipe pour se placer sur l’échelle « prise de risque / erreur / résultat ». »

 

 

RT : « Avec l’équipe de France, cela fait tout juste un an que vous avez réalisé un exploit au TQO (Tournoi Qualificatif Olympique). Peux-tu revenir sur ce moment historique et votre état d’esprit pour cette compétition ? »

JP : « Nous nous sommes qualifiés sur le dernier tournoi qui pouvait nous emmener à Tokyo alors que personne ne s’attendait à cette qualification.
Nous avons connu quelques difficultés dans la préparation, avec notamment des absences dans l’effectif, mais on y est allé sans réfléchir, en ayant rien à perdre, en prenant du plaisir à jouer ensemble.
Nous avons décroché notre qualification pour les Jeux Olympiques, en remportant la finale contre l’Allemagne, qui était pourtant le pays hôte de la compétition. C’est un moment dont je me souviendrais longtemps, c’était magique ! »

RT : « Pendant ce tournoi, le grand public a pu découvrir l’ampleur de ton talent. Étant titularisé au dernier moment, tu as pu relever ce défis, malgré les enjeux de la situation et les responsabilités attribuées. Raconte nous cela de ton point de vue. »

JP : « Effectivement, je me suis retrouvé titulaire suite à l’absence d’un joueur. J’ai dû assumer mon rôle de pointu dans l’équipe, un rôle difficile et à grande responsabilité. Comme j’ai pu le dire, j’y suis allé sans rien avoir à perdre, j’ai donné ce que je pouvais, en jouant libéré de toute pression et cela a super bien fonctionné.
L’effectif y est pour beaucoup car les autres joueurs ont su m’aider et m’ont fait confiance, j’ai de la chance d’évoluer parmi ces gars là. »

 

 

RT : « J’ai vu dans un interview que tu avais pu en effet dire que l’ensemble de l’équipe de France, avait réussi à être « relâché, sans trop de pression, et y a cru jusqu’au bout » lors de ce tournoi capital.
En plus du succès de l’équipe, tu as personnellement été distingué comme meilleur marqueur et meilleur serveur de la compétition. Tu penses que cet état d’esprit a été la clé de la réussite collective et individuelle ? »

JP : « Oui exactement, je pense que toute la mauvaise pression qu’on aurait pu avoir en se disant « c’est notre dernière chance », « on doit le faire à tout prix » ou encore « on y arrivera pas »… et bien toute cette possibilité de mauvaise pression on ne l’a jamais ressentie. 
Nous nous sommes complètement libéré, nous avons joué sereinement, en prenant du plaisir et on ne s’est pas posé plus de question que ça. Nous n’avions rien à perdre, donc tout à gagner.

RT : « Tu viens de connaître un petit coup d’arrêt malheureusement, avec une blessure et donc un éloignement des terrains. En plus de la situation particulière que nous rencontrons, tu continues de travailler autrement, que peux-tu tirer de cette expérience ? »

JP : « Oui j’ai connu ce coup d’arrêt à cause de ma blessure et à cause du covid. Cela m’a beaucoup servit je crois. J’ai pris un peu de recul sur ma situation, j’ai soufflé mentalement et physiquement puis depuis ma reprise mi janvier je suis super content de moi. J’ai toujours voulu revenir plus fort qu’avant et je crois que c’est le cas. Par contre, le coronavirus laisse des traces et je me suis senti souvent très fatigué. »

RT : « Depuis maintenant deux ans, tu évolues dans le championnat Italien, un des plus relevé d’Europe, où tu as fait ta place parmi les meilleurs marqueurs. cette saison encore, tu continues ta fulgurante ascension, comment cela se passe au quotidien ? »

JP : « Cela se passe super bien, je suis épanouie. C’est un championnat très relevé, peut être le meilleur au monde, donc cela demande un engagement et une motivation constante. Ce n’est pas facile tous les jours mais c’est pour cela que je fais du volley, pour essayer de jouer au plus niveau possible. Je fais pas mal de concessions et de sacrifices mais on me le rend bien. »

RT : « Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions. Toutes mes félicitations, pour tes nombreuses distinctions de MVP cette saison, qui se conclue avec un nouveau titre à ton palmarès, puisque tu viens de remporter la Challenge Cup avec ton club de Milan  pour couronner le tout !

Maintenant place à la préparation pour la prochaine VNL (Ligue de Nations) avec l’équipe de France. 
Encore merci et à bientôt. »