Julien Cudot – Roller

« Street ou park… dans les deux cas, c’est avant tout un battle pour soi. »

Palmarès :

2018 – 3rd Fise World Hiroshima, Japan
2018 – 1st Fise World series launch event Jeddah, Saudi Arabia
2017 – 2nd Lishui international games Lishui, China
2017 – 1st World cup Fise world series overall 2017
2017 – 3rd World Championships Roller Games Nanjing , China
2017 – 2nd Fise World Budapest, Hungary
2017 – 1st Fise World Slopestyle Montpellier, France
2017 – 1st Fise World Spine ramp Montpellier, France
2017 – 1st Fise World Park invitational Montpellier, France
2017 – 1st Fise experience Amiens, France
2016 – 1st Fise World Series Champion Overall
2016 – 1st place at Fise World Chengdu, China
2016 – 2nd place at IOXC Serang, Indonesia
2016 – 1st place at Huzhou Invitational, China
2016 – 2nd place at Sevelin Urban Festival, Lausanne, Swiss
2016 – 1st place at Richard Taylor Best trick, Bristol
2016 – 2nd place at Nass Festival, Bristol, England
2016 – 1st place at Imagin Extreme Barcelona
2016 – 1st place at NL contest, Strasbourg
2016 – 2nd place at Fise World Montpellier Park Invitational
2016 – 1st place at Fise world Montpellier Slopestyle
2016 – 1st place at Mind The Gap, Amsterdam
2015 – 2nd place at Fise world, Chengdu
2014 – 3rd place at Fise world, Chengdu
2014 – 2nd place at Blading Cup
2014 – 2nd place at Imagin Extreme Barcelona
2014 – 1st place at Fise World, Andorra
2012 – 1st place at Winterclash, Eindhoven
2011 – 1st place at Chaz Sands Invitational, Liverpool
2011 – 1st place at Bitter Cold Showdown
2010 – 2nd place at Eisenbergs Hoedown, Dallas
2010 – 1st place at Winterclash, Berlin
2009 – 1st place at Montreal Classic
2009 – 3rd place at Extreme Barcelona
2009 – 1st place at Chaz Sands Invitational
2009 – 1st place at AIL Elite world championship, Woodward west
2006 – 1st place at ASA Amateur world championship, Dallas

 

Témoignage :

Romain Thomas : « Aujourd’hui, ton nom est connu par tous les adeptes de roller agressif, car depuis ton plus jeune âge tu surclasses la plupart de tes concurrents en compétition.
A l’âge de 24 ans tu as déjà fait une ascension fulgurante au niveau international, laissant derrière toi certains grands noms de la discipline. Tu es aujourd’hui l’un des meilleurs riders du circuit, quel est ton secret ? »

Julien Cudot : « En effet beaucoup de grands noms du roller, qui m’ont entre autre emmené où j’en suis, ne pratiquent plus ou plus beaucoup, mais je ne pense pas que ce soit non plus à cause de moi ! C’est sûrement à cause de la quasi- inexistence de suivis par les sponsors et les différentes obligations personnelles de chacun. C’est d’ailleurs à mon plus grand regret, car ce battle avec des Brian Aragon, Chris Haffey ou Montre Livingston, dans le respect et l’esprit sportif bien sûr, c’était du pur bonheur et cela m’a sûrement beaucoup apporté.
La concurrence est toujours présente et grandissante, notamment avec les riders Français plus jeunes comme Nicolas Servy ou Yuma Baudoin qui ne cessent de progresser et de venir nous titiller sur les plus hautes marches du podium, sans parler de ceux présents depuis longtemps comme Roman Abrate, Stephane Alfano ou Cj Wellsmore.
La scène internationale ne fait que s’accroître bien évidemment, avec notamment les Hollandais ou les Japonais, tous dans des styles différents, mais tous aussi déterminant pour finir dans les top 3 lors des compétitions.

Mon secret, qui n’en es pas un, c’est de « skater » (patiner). Réellement depuis que j’ai l’âge de 8 ans, et depuis que j’ai 13 ans en catégorie professionnelle. Donc voilà, quand on skate à 14 ans devant Brian Aragon par exemple, il faut avoir du répondant. C’est ce que l’on acquiert en kiffant le roller, ce que je fais au quotidien, en skatant avec des grosses têtes de la discipline comme Stephane Alfano ou Romain Godenaire. Je pense aussi que mon habitude, remontant à mon plus jeune âge, de faire du trampoline ou de sauter de rochers, m’a aidé pour certaines habilitées et pour faire face à la peur. »

RT : « Tu as pour réputation d’avoir une grande aisance technique, tu réussis souvent du premier coup tes tentatives de « tricks » (figures). Comment expliquer cela et comment pourrais-tu décrire ta façon de rouler ? »

JC : « C’est vrai mais c’était surtout valable auparavant, où les grosses compétitions comme « Bitter Cold », « Winterclash » ou le « Chaz Sands Invitational » étaient toutes encore d’actualitées et sous forme de « jam session » (tous les riders sont réunis en même temps sur le skatepark).
La dynamique des riders et les parks s’y prêtaient vraiment bien, maintenant il y en a moins dans ce format voire plus du tout, à part le Winterclash et peut être une ou deux autres compétitions.

Aujourd’hui, ce sont plus des « runs » (passages définis au préalable pour chaque concurrent), mis en place avec le circuit « Fise World Series » par exemple, mais je m’en sors pas trop mal non plus car j’ai commencé avec ce système sur les Championnats de France étant plus jeunes.
Skater les démos et avoir évolué en skatepark m’a pas mal aidé pour réussir à mélanger lignes et gros tricks dans la mesure du possible.
Personnellement, aujourd’hui j’aime encore m’identifier comme un skater de « jam session » à gros tricks et « first try » (premier essai), mais je t’avoue que je ne sais pas si j’ai toujours la même aisance à le faire ! Je n’ai pas fais le Winterclash cette année mais j’ai hâte de refaire ce type de format, tous sur le park pendant 7 minutes en mode guérilla ! »

RT : « Le roller c’est aussi une question de style ou encore de créativité. Les sports extrêmes et les riders s’inspirent souvent de tout ce qui les entoure, quelles sont tes influences ? »

JC : « Je ne me suis jamais dis que je voulais ressembler ou skater comme telle ou telle personne, mais j’ai toujours adulé comme beaucoup Brian Aragon, Chris Haffey, Alex Broskow, Chris farmer, Jon Jon Bolino et j’en passe, mais également des moins connus comme Jon Schmidt ou Trevor Tylosky. Sans oublier les riders comme Stephane Alfano avec qui j’ai eu la chance de beaucoup skater et évoluer.

Je pense que tout cela a pu influencer mon style et ma façon de rouler, ou du moins, ce que j’aime voir ou faire, mais je reste plus dans la performance, à savoir les tricks, la difficulté, la prise de risque, que le style en particulier car pour moi cela viens naturellement si tu es bon. C’est un aspect très subjectif, bien qu’il soit indéniable que certains riders que j’ai pu citer font parti des plus stylés que l’on ait pu voir dans l’histoire du roller. »

RT : « Abordes-tu de la même manière les contests ou autres grandes compétitions officielles à forte affluence et les sessions en street (pratique en milieu urbain) ? »

JC : « Non je n’aborde pas du tout les deux de la même façon, mis à part le fait qu’en compétition, pour une session street ou pour de la vidéo, je veux donner le meilleur de moi même et tout « brûler ».Après, ce n’est pas du tout pareil au final comme approche, dans le sens ou le park est plus inné et plus naturel pour moi. 
Le street, j’y suis ve
nu plus tard, je mets donc beaucoup plus de temps à être en confiance et j’appréhende toujours beaucoup plus. Les risques ne sont pas les mêmes, c’est également à mon sens plus technique, plus précis, tout en étant plus dangereux. C’est pour ces mêmes raisons que je suis plus satisfait et fier de moi après un énorme tricks en street, qu’un énorme tricks en park.
En ce qui concerne le public et les potes, que ce soit la foule en live sur un contest ou les gens qui suivent sur internet les parts (petites vidéos), je dirais que même si ça parait bien différent, bah au final c’est la même chose, car dans les deux cas, ce qui m’importe dans un premier temps, sur le tas, c’est ce que je vais faire. C’est ensuite et en complément, naturel et instantané, que vient l’aspect motivation via le public et la fierté de faire kiffer les gens. Street ou park… dans les deux cas c’est avant tout un battle pour soi. »

RT : « Utilises-tu des méthodes particulières, comme la visualisation, avant tes runs en compétition ou lors de tricks techniques par exemple ? »

JC : « Oui en effet, pour les runs c’est de plus en plus le cas, je commence par imaginer une ligne, puis après avoir skaté le park une première fois, je peux me projeter et repenser aux lignes à effectuer, en visualisant les tricks. Je ne sais pas si ça aide, mais j’aime bien le faire en tout cas. Sur les runs, c’est dur d’avoir seulement une dimension de feeling, mais c’est possible et ça m’arrive selon la motivation du moment.
Ce feeling est en lien avec ce que j’ai pu réussir avant et le degré de chance que j’ai d’y parvenir dans le run, mais oui par exemple il m’arrive dans le dernier run de lancer, dans une ligne, un trick que je n’avais pourtant pas réussi dans les trainings et que je n’avais pas prévu initialement. C’est valable dans certaines circonstances tout de même assez rares, surtout en comparaison aux possibilités d’improvisations en jam session par exemple. »

RT : « Tu as remporté les dernières éditions du « Fise World Montpellier », un des rares titre qui t’échappait jusque-là et que tu convoitais depuis quelques temps, quelle sensation cela fait d’atteindre un nouvel objectif de cette envergure et quels sont les prochains ? »

JC : « Yes, deux titres consécutifs pour l’une des seules grosses compétitions internationales que je n’avais pas remporté. C’était grave cool et un peu inattendu car c’était la première fois que je participais au format « slopestyle » (concept de run en descente, empruntant différents modules et rails), je n’avais pas participé au « Fise » depuis 4 ans et du coup je n’avais pas tant d’attentes que ça. J’avoue aussi que je n’avais plus du tout d’argent sur mon compte bancaire en arrivant sur la compétition, mais jusqu’à maintenant je n’associe quasiment pas du tout ces deux choses .
Du coup oui, malgré tout, j’étais en forme et je roulais pas mal depuis un moment, sans trop de blessures. J’ai été vraiment agréablement surpris par ce nouveau concept qu’était pour moi le slopestyle et puis voilà, tout s’est passé de manière optimale jusqu’au bout !

Mes prochains évents prévus… c’est principalement des « Fise World » comme celui de Budapest ou de Chengdu. Il y a encore quelques gros events comme le « Panonian Challenge » en Croatie où je vais aller cette année, ça fais longtemps que je ne m’y suis pas rendu et c’est vraiment une super ambiance, avec un gros park là-bas. Il y a aussi les « Ghetto Games » organisés par Nils Jansons, un contest où je ne suis toujours pas allé, mais je vais vraiment essayé d’y être cette année, l’ambiance à l’air folle ainsi que le park et le niveau des riders. En plus, Nils est un rider que je respecte et que je kiffe à fond, donc ça fait beaucoup trop de raisons pour ne pas y aller !
On regrette bien sûr certains events comme le « Chaz Sands Invitational » mais il y a toujours des évènements qui valent le détour et c’est plutôt en expansion d’après moi, donc « all good » pour l’avenir ! »

RT : « Merci Julien d’avoir pris le temps de répondre à mes questions entre toutes tes compétitions aux quatre coins du monde. Bon « Fise » et bonne continuation ! »