Jimmy Vienot – Muay Thaï

« On parle souvent de capacités mentales dans ce sport, il faut de la rigueur, de la patience et surtout de la détermination »

Palmarès :

– 91 combats : 71 victoires. 20 défaites. 38 KO
– 4 fois champion de France
– 4 fois champion d’Europe
– 3 fois champion du Monde

Témoignage :

Romain Thomas : « Bonjour Jimmy, peux-tu nous expliquer les particularités du muay-thaï, cet art martial ancestral, son développement en France et dans le Monde ? »

Jimmy Vienot : « La boxe thaï, appelé muay thaï en Thaïlande, est le sport de combat le plus complet qui soit en pieds/points. Il y a donc possibilité de frapper avec les points les pieds, mais également les coudes, les genoux, il y a du corps à corps et des projections.
En Thaïlande c’est le sport national, il y a notamment beaucoup de pari sportif sur les combats là-bas. Dans le monde ça commence à se démocratiser, mais en France cette discipline est moins connue. Il reste beaucoup de travail à faire, et c’est pour cela que j’estime être l’ambassadeur de la boxe thaï en France. »

RT : « Quelles sont les attitudes ou les capacités physiques et techniques à acquérir pour être un grand combattant ? »

JV : « On parle souvent de capacités mentales dans ce sport, il faut de la rigueur de la patience et surtout de la détermination, car pour moi, c’est un des sports les plus durs. La boxe thaï demande d’être très technique et d’avoir un mental d’acier, c’est pour ça que l’on s’entraîne deux fois par jour pour être un grand combattant. »

RT : « Dans de nombreux sports de combat, il est question d’intensité et de gestion de l’agressivité pour dominer son adversaire, sans pour autant tomber dans un excès et trop se livrer. Comment pourrais-tu nous expliquer cela ? »

JV : « Il faut savoir se contrôler oui, pour voir tous les coups arriver et ne pas être énervé. C’est pour cela que lors de nos entraînements, l’entraîneur est censé nous apprendre ce contrôle de soi afin d’arriver à contrôler son agressivité, pour ensuite la faire ressortir juste au moment de frapper. »

RT : « Justement, en fonction de la physionomie du combat, j’imagine qu’il y a différentes stratégies mises en place, comment fais-tu pour encaisser, patienter tout en restant lucide malgré les coups pour enfin accélérer et déclencher tes attaques fulgurantes au bon moment ? »

JV : « L’expérience… oui c’est l’expérience du combat qui te fera acquérir la patience, le contrôle de soi et te permettre de déclencher tes attaques au bon moment. Pour ma part, il m’a fallu 91 combats pour y arriver… c’est un travail très dur et très long à faire, il faut faire preuve de patience. »

RT : « Comme pour la plupart des sports à catégories de poids, il est souvent difficile pour les sportifs de stabiliser sans contraintes cette masse corporelle lors de sa préparation. Comment fais-tu personnellement ? »

JV : « Personnellement, je m’entraîne deux fois par jour, je mange léger le soir et j’ai un rythme de vie très sain, c’est pour ça que je n’ai pas vraiment de mal à perdre du poids lors de ma préparation. J’ai une marge de seulement 3 kg à perdre, c’est donc très facile pour moi mais certains boxeurs sont eux à plus de 8 kg… c’est très dur. Pour être un champion je fais en sorte d’être toujours préparé ! »

RT : « Enfin, comment adaptes-tu ton rythme de vie, entre la France et les combats dans de nombreux pays, notamment en Thaïlande ? »

JV : « C’est très dur, surtout quand je dois boxer à l’étranger, comme en Thaïlande, où il y a 6 heures de décalage horaire, mais je fais en sorte de m’adapter très vite et de ne pas me poser de questions : de dormir quand je dois dormir, de manger quand je dois manger et bien sûr de garder mon rythme d’entraînement pour ne pas le couper car sinon cela peut devenir compliqué. »

RT : « Merci beaucoup pour ce témoignage et bonne continuation ! »